20080205_p_formationLe système éducatif du Maroc n'est pas un modèle. Comparé aux pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) le Royaume se trouve en queue du peloton. Les pays les plus avancés sont la Jordanie et le Koweït alors que les moins avancés sont le Maroc, Djibouti, le Yémen et l'Iraq.

C'est-ce qui ressort d'un rapport de la Banque mondiale intitulé «Un parcours non encore achevé : la réforme de l'éducation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord». Les conclusions sont d'autant plus alarmantes qu'elles émanent d'une institution qu'on ne saurait taxer de légèreté ou de complaisance. Elles viennent confirmer les reproches et les critiques faits à un système qui a montré ses limites notamment en matière de résorption du chômage. Les pouvoirs publics reconnaissent d'ailleurs qu'il y a un malaise et qu'il faudrait agir d'urgence pour rattraper le retard enregistré dans ce secteur depuis plusieurs années. «Sur le plan du développement humain, nous sommes classés par le PNUD 126e sur 177 pays, et c'est la scolarité qui nous pénalise», a admis récemment Meziane Belfkih, conseiller du Roi et président délégué du Conseil supérieur de l'enseignement. Le ministre de l'Education nationale, Ahmed Akhchichine, verse dans le même registre. Pour lui, «nous sommes le seul pays au monde à ne pas avoir un système d'évaluation des apprentissages». Rendu public hier à Rabat, le rapport de la Banque mondiale vient donc nous rappeler la santé fragile d'un secteur qui nécessite une refonte totale. Il souligne le retard accumulé par rapport aux autres pays de la région. Concernant l'accès, l'indice adopté démontre que le Liban, la Jordanie, l'Egypte et la Tunisie ont connu des performances particulièrement élevées comparées à Djibouti, au Yémen, à l'Iraq et au Maroc.

Par             Abdelwahed Rmiche | LE MATIN